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(Veuillez cliquer sur le chapitre qui vous intéresse)
Ch. 1 : L'arrivée - Ch. 2 : Les Cabanes - Ch. 3 : Visite au moulin - Ch. 4 : Biribi - Ch. 5 : Rencontre inattendue - Ch. 6 : Naufrage de Sophie - Ch. 7 : Nouvelle surprise - Ch. 8 : La mer et les sauvages - Ch. 9 : Suite et délivrance - Ch. 10 : Fin du récit de Paul - Ch. 11 : Les revenants - Ch. 12 : Les Tourne-Boule et l'idiot - Ch. 13 : La comtesse Blagowski - Ch. 14 : Denier chapitre.
L'ouvrage est dédié à Jacques
de Pitray, fils du Vicomte Émile de Simard de Pitray et de
la Vicomtesse née Olga de
Ségur. Jacques fut peut-être le petit-fils
préféré de la Comtesse de Ségur. Dans cet ouvrage on rencontre un véritable foisonnement de
personnages dont certains figuraient déjà dans
Les Petites Filles
Modèles, Camille et Madeleine de Fleurville Marguerite de Rosbourg Mme de Fleurville Mme de Rosbourg, Sophie de Réan-Fichini, M. de Rugès (Ségur) M. de Traypi (Pitray) Léon et Jean de Rugès Jacques de Traypi M. de Rosbourg La mère Léonard, son mari et leur fille
Jeannette La mère Diard (fermière) Le garde Nicaise, Le régisseur Martin La bonne Eliza Le braconnier voleur Bernard La femme Martin (à qui les Léonard ont volé
une pièce de drap) La fille Chartier (à qui Jeannette essaie de vendre le
drap) Lecomte dit " Le Normand ", sa femme Françoise et leur
fille Lucie Les Tourneboule (M. Mme et leur fille Yolande) L'idiot Relmot (Morel?) La femme de chambre de la " Comtesse Blagowski " (ex Mme
Fichini) Un Polonais, le faux Comte Blagowski et même Le Maréchal de Ségur (dans une histoire
humoristico-scatologique dont l'auteur nous garantit
l'authenticité !) Et des personnages anonymes : Des femmes de lessive, des paysans, les gamins du village, toute
une troupe de sauvages, des marins anglais, des gendarmes, le
curé du village et sa servante, des domestiques, un jardinier,
des voleurs
L'épisode le plus intéressant est peut-être
celui où Paul et M. de Rosbourg font part de leurs
expérience. On voit aussi des animaux : les chiens Biribi et Milord, des
poissons, des papillons, des insectes (" ..soit une grenouille, soit
un ver ou d'autres insectes
") dit la Comtesse. Elle en profite pour décrire d'excellents repas - toujours
la nourriture ! Elle donne aussi des conseils de médecine
pratique comme dans nombre de ses uvres. C'est ainsi que nous
apprenons la manière de sauver quelqu'un qui a
été mordu par un serpent venimeux, l'emploi de "
vésicatoire ", etc.. Il s'agit donc d'une véritable " Comédie
Humaine " et même si la psychologie des personnages est
nécessairement sommaire et entière - on s'adresse
à des enfants - et ne peut atteindre la variété
de l'uvre de Balzac (contemporain de la Comtesse), on y trouve,
ici comme dans les autres uvres, une remarquable peinture de la
société de l'époque.
Les ridicules Tourneboule
(illustration de Bertall)
Comme la Comtesse avait offert un "cadeau" aux petites filles avec la
poupée et son trousseau décrits avec tant de bonheur
dans Les Petites Filles Modèles et avec merveilleuse la
boîte à ouvrage des Malheurs de Sophie, c'est
surtout aux petits garçons qu'elle offre ici un "cadeau" avec
cette histoire de naufrage, d'île, de sauvages et d'aventures.
Il s'agit d'une véritable "robinsonnade" avec naufrage,
construction de cabanes, actes héroïques, aliments
exotiques alors peu connus en France tels que noix de coco et dates
et "une espèce de pomme de terre" (sans doute une patate
douce). Il y a aussi des bananes, du poisson séché et
"des fruits qui me sont inconnus" dit Paul. L'île est
habitée par des sauvages - des "Peaux-Rouges" - qui a la vue
des blancs sont remplis de frayeur, surtout quand M. de Rosbourg
utilise une hache pour couper un arbre. Leur attitude devient vite
une attitude de curiosité et de respect. Le commandant leur
donne des ordres: "Arrière!" et comme il brandit sa hache en
même temps les sauvages obéissent! Ils n'ont d'ailleurs
pas l'air méchant, même s'ils manifestent une affection
assez encombrante et dont il est difficile de se débarrasser.
Le commandant, Paul et Lenormand fabriquent une hutte, et nul doute
que la description de cette fabrication de fasse rêver plus
d'un jeune lecteur de la Comtesse de Ségur. Les sauvages sont
admiratifs, et d'ailleurs M. de Rosbourg leur apprend une foule
d'autres choses. Nous avons là en quelques pages un
résumé de la fonction civilisatrice des
Européens, "the white man's burden" comme dit Kipling. Il faut
bien entendu y a jouter la dimension spirituelle et avant que les
naufragés ne repartent vers la civilisation, ils demandent et
reçoivent le baptême.
Comme ils sont nombreux la cérémonie dure
jusqu'à la nuit et le commandant "pouvait à peine se
soutenir de fatigue"
Lenormand, M. de Rosbourg et Paul,
avec le roi des sauvages (illustration de Bertall, Hachette,
Bibliothèque Rose)
Il y a même de la "médecine vétérinaire".
Pour débarrasser un chien de ses puces - en l'occurrence "
Milord", le chien de chasse de M. de Traypi, on le plonge dans un
bain d'eau d'aloès. La Comtesse nous apprend la recette: "un
petit paquet de 5 grammes par litre d'eau". Si nous ne le savions pas
encore, nous apprenons aussi que les chevaux n'ont pas de puces!
On peut regretter que toute l'oeuvre de la Comtesse de Ségur
ne se déroule pas entièrement à Fleurville, mais
en fait l'oeuvre y gagne en variété avec son millier de
personnages appartenant à presque tous les milieux de la
société du second-Empire. C'est dans Les
Vacances que Mme de Rosbourg retrouve son mari qu'on croyait
naufragé et où une lecture adulte montre que la
Comtesse de Ségur n'était peut-être pas
insensible aux "choses de la chair" selon l'expression de Claudine
Beaussant (voir bibliographie): "Mme
de Rosbourg se retira en riant avec sa femme"..."bientôt on
entendit sonner le dîner: chacun s'apprêta à se
rendre au salon. Mme de Rosbourg y entra radieuse, appuyée sur
le bras de son mari."