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bonsenfants

 

 

Pas une des œuvres maîtresses de la Comtesse de Ségur ce livre publié en 1862 et illustré par Ferogio est dédié aux seize des petits-enfants de la Comtesse de Ségur qui existaient alors.

La dédicace est dans ces termes :

" Je voulais, mes chers petits-enfants, que chacun de vous eût son nom en tête d'un de mes ouvrages, mais votre nombre , toujours et rapidement croissant, a dépassé mon courage, et je vous réunis tous en une seule dédicace, qui ne sera, je l'espère, pas la dernière, quoique tous les ans je perde une année de vie, comme le dirait le bon M. De la Palisse. Encore un peu de temps, et je garderai le silence, pour cacher au public les infirmités de mon esprit ; vous en serez les seuls chers petits confidents.

Votre grand'mère

COMTESSE DE SÉGUR"

Née Rostopchine

 

Les " bons " personnages portent les noms de ces petits-enfants : Jacques, Louis, Henri, Pierre, Camille, Madeleine, Valentine, Henriette, Marie-Thérèse, Élisabeth, Armand, Paul, Jeanne…On trouve aussi une Marguerite, comme dans la trilogie de Fleurville, et l'inévitable Sophie, qui n'est autre que la Comtesse de Ségur elle-même. Les enfants méchants ou simplement taquins portent d'autres noms : Nicolas, Arthur, Léonce, et comme dans d'autres œuvres, dont La Sœur de Gribouille, le voleur se nomme Michel.

Ce livre donne aussi à l'auteur l'occasion de libérer son antipathie envers les étrangers -Anglais en particulier - en la personne de Mademoiselle Albion. Même les enfants, en parlant des Anglais, ne semblent guère les aimer. Henri affirme " …le Français se moquent bien de leurs canons, de leurs vaisseaux et de leurs murs. " Et Pierre ajoute : " Quand je serai grand, je me ferai marin pour me battre contre les Anglais. " et l'échange se termine ainsi : " Moi aussi ! moi aussi ! dirent tous les garçons ". Quant aux filles elles seront cantinières, elles les soigneront quand ils seront blessés. Élisabeth ajoute même : " Et nous vous enterrerons quand vous serez morts . "

Le polisson Léonce joue un mauvais tour à la bonne de Sophie, Mina, une Allemande qui ne parle pas encore très bien le français. Mme de Chattemur (quel nom harmonieux !) lui demande d'aller chercher une serviette. Elle ne comprend pas, et Léonce - qui semble doué en langues - lui dit d'aller chercher un vase de nuit. On imagine la confusion de la pauvre fille quand elle se présente au salon munie de ce " meuble ". On en profite bien entendu pour donner une leçon : On ne doit pas plaisanter avec un nouveau domestique qui ne sait pas ce que ses maîtres pensent de lui comme on le fait avec un vieux domestique qui connaît l'affection de ses maîtres.


La confusion de Mina et le polisson Léonce (illustration de Ferogio, Hachette, Bibliothèque Rose)

 

C'est dans ce livre que figure la confiture de crapauds inspirée du Père Huc, auteur d'un Voyage en Tartarie et au Tibet (1850), qui était un des familiers de la Comtesse de Ségur. Les Chinois sont décrits par les enfants comme des barbares qui donnent leurs enfants à manger aux cochons!


Cette horrible image a du donner des cauchemars à bien des petits lecteurs!

On retrouve Camille de Malaret en la personne de Camille de Rouville, dont l'auteur fait une enfant parfaite, tellement parfaite que les enfants du village lui offrent une bannière comme à une sainte !


"Sainte Camille" et sa bannière

 

Deux contes et deux récits sont insérés dans le l'ouvrage : On va en Russie rencontrer des loups et des ours et l'on fait un voyage en Allemagne. Les contes ont des titres évocateurs : Esbrouffe, Lamalice et la souris et La Fée Prodigue et la Fée Bonsens.

On y fait des poissons d'avril, on va ramasser des châtaignes, teindre en noir un mouton blanc, pêcher des écrevisses, enivrer un cochon. Bref, c'est un livre bien rempli même s'il peut paraître un peu décousu !
Dans le dernier chapitre nous rencontrons Innocent et Simplicie dont les aventures nous seront racontées par la Comtesse dans
Les Deux Nigauds (primitivement intitulé "Deux Nigauds à Paris" - on croirait lire le titre d'un film d'Abbott et Costello!). La Comtesse nous dit : "Nous nous amuserons peut-être plus qu'ils ne le voudraient des aventures dont ils seront victimes et dont je vous raconterai tout ce que je pourrai découvrir"

 

 

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