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Publié en 1864 et illustré de 114 vignettes par Émile Bayard, François le Bossu est dédicacé à Camille de Malaret, fille de Paul de Malaret et de Nathalie, née de Ségur.

Ayant en grande partie exorcisé son enfance avec d'abord la trilogie de Fleurville ( Les Petites Filles Modèles, Les Malheurs de Sophie, Les Vacances), puis avec L'Auberge de l'Ange Gardien et Le Général Dourakine, la Comtesse de Ségur se sent libre enfin de mettre en scène sinon une mauvaise mère, du moins une mère négligente en la personne de Madame des Ormes. Certes Catherine Rostopchine, mère de la Comtesse de Ségur, dans sa sévérité et sa piété excessives ne ressemble pas à la mère de Christine, frivole et peu maternelle, mais en peignant " une mauvaise mère " - c'est le titre qu'elle voulait donner à ce livre au grand scandale de sa famille et de son éditeur - elle tente de ce débarrasser de ce que Freud appellera ses " complexes ". Avec Christine des Ormes, la Comtesse de Ségur nous décrit une autre Sophie Rostopchine-de Réan-Fichini. C'est une enfant négligée par ses parents qui la confient à une bonne étrangère, l'horrible Mina, une Allemande qui sera bien punie de ses méchancetés envers l'enfant. Christine reporte son besoin d'affection sur le père de François qu'elle veut appeler " père ". C'est peut-être surtout pour ne pas le quitter qu'elle épousera François. Christine est une espèce de Poil de Carotte avant la lettre. En témoigne ce dialogue : "Christine : Cher Monsieur de Nancé, gardez-moi toujours avec vous et avec François. Je serais si heureuse chez vous. Monsieur de Nancé : Ma pauvre enfant, j'en serais aussi heureux que toi ; mais c'est impossible ! Tu as un père et une mère. Christine : Quel dommage !"
Ne croirait-on pas entendre Poil de Carotte s'écrier : " Tout le monde ne peut pas être orphelin ! " ?
Cependant pour aborder carrément le sujet de " la mauvaise mère " il faudra peut-être attendre encore un peu, attendre Jules Vallès, Jules Renard ou Hervé Bazin.

Bien sûr, Christine épousera François, mais si, comme la Manon Cadoret de Pagnol (Manon des Sources) c'était sa bosse qu'elle aimait? On se souviendra du rêve de Manon où le bel instituteur, en se retournant, révèle à Manon une superbe bosse, toute pareille à celle de son père, et c'est là qu'elle comprend "qu'elle l'aime d'amour".

Quand François revient d'Italie, sa bosse miraculeusement enlevée par un autre étranger, Paolo, on est presque déçu, d'autant plus que l'illustrateur, Émile Bayard nous le présente sous la forme d'un fat frisant sa moustache sous le regard admiratif des filles qui semblent bien sottes de l'admirer ! "Comme tu es bien! Comme tu es beau!" Bien entendu ce François là n'est pas celui de la Comtesse de Ségur, mais celui de Bayard!
Dans une lettre à Emile Templier (citée par Marie-José Strich dans La Comtesse de Ségur - Correspondance, voir
bibliographie), l'auteur déclare:
"Je trouve (les illustrations) de François le Bossu...mauvaises de composition, surtout une des dernières...un François avantageux, fat, sot, ridicule comme celui-là est à claquer; j'aurais été bien fâchée de lui faire épouser ma charmante Christine..."

Décidément le spectacle de ce fat frisant sa moustache est affligeant! Nous préférions François quand il était bossu! (illustration d'Émile Bayard)

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