// La Comtesse de Segur

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Le Mauvais Génie est l'une des rares œuvres de la Comtesse de Ségur qui ne soit pas dédicacée. Publié en 1867 et illustré de 52 vignettes par Émile Bayard le récit reprend d'une certaine manière le thème de l'opposition entre les bons et les méchants et de l'implacable destin, comme dans Jean qui Grogne et Jean qui Rit. Toutefois cette fois ci nous avons le thème du rachat en la personne de Frédéric.

Les trois personnages principaux sont Julien, Frédéric et Alcide.

Julien est encore un enfant abandonné, comme Torchonnet dans l'Auberge de l'Ange Gardien. Heureusement il a été recueilli par les Bonnard des paysans frustes mais relativement bons - comme leur nom semble peut-être l'indiquer : il y a " bon " mais aussi le suffixe " -ard. " plutôt péjoratif comme dans vantard, bavard, soiffard ! Doué d'une bonne nature il travaille dur pour gagner son pain. Il garde les dindes du fermier et les fait paître.

Frédéric est le fils de la maison. Paresseux il laisse Julien faire une partie de son travail, et sous l'influence d'Alcide, se laisse entraîner à voler ses parents d'abord, puis l'excentrique M. Georgey, l'amateur de "turkeys".


Couverture du Mauvais Génie: M. Georgey s'empare d'une "turkey" (édition Hachette s.d.)

C'est d'abord la maladie - à la suite des révélations de M. Georgey - puis l'armée qui feront de lui un bon sujet en le réformant. Il aura une conduite héroïque et retournera au pays où il épousera la sœur de la bonne de M. Georgey (on reste toujours dans son milieu chez la Comtesse) . Quant à Julien il deviendra l'adjoint de M. Georgey qui lui a fait donner de l'instruction et, à ses côtés, bâtira "une fabrique de fil de fer et de laiton".
"Ils sont tous aussi heureux qu'on peut l'être en ce monde" répète la bonne Comtesse.

Alcide, c'est le mal intégral. Non seulement corrompt-il Frédéric quand il est chez ses parents, mais le hasard voulant qu'ils se retrouvent dans le même régiment, il profite de lui et de son argent, en compagnie de gredins de son espèce, les bien nommés Fourbillon, Renardot et Gueusard. Après une soirée de beuveries où il a entraîné Frédéric à attaquer son maréchal-des-logis, les coupables passent en conseil de guerre. Frédéric est acquitté mais Alcide est condamné à mort (on ne badinait pas avec la discipline à cette époque !). Condamné, Frédéric insulte le tribunal en déclarant " ..j'aime mieux la mort que la vie que je mènerais dans vos bagnes ou dans vos compagnies disciplinaires ". Tous ceux qui ont lu " Dante n'avait rien vu " d'Albert Londres acquiesceront - et cela devrait être encore pire sous le Second Empire.


Les mauvais camarades (illustration d'Émile Bayard)

A côté de ces trois personnages nous trouvons un " Anglais " excentrique (en fait il est irlandais et catholique, ce qui le rend sympathique!)), des paysans, des militaires et bien entendu les inévitables domestiques.

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