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Lire l'oeuvre en ligne :

Ch. 1 : La poupée de cire
Ch. 2 : L'enterrement
Ch. 3 : La chaux
Ch. 4 : Les petits poissons
Ch. 5 : Le poulet noir
Ch. 6 : L'abeille
Ch. 7 : Les cheveux mouillés
Ch. 8 : Les sourcils coupés
Ch. 9 : Le pain des chevaux
Ch. 10 : La crème et le pain chaud
Ch. 11 : L'écureuil
Ch. 12 : Le thé
Ch. 12 : Le thé
Ch. 13 : Les loups
Ch. 14 : La joue écorchée
Ch. 15 : Elisabeth
Ch. 16 : Les fruits confits
Ch. 17 : Le chat et le bouvreuil
Ch. 18 : La boîte à ouvrage
Ch. 19 : L'âne
Ch. 20 : La petite voiture
Ch. 21 : La tortue
Ch. 22 : Le départ

 

Les Malheurs de Sophie représente le deuxième volet de la trilogie de Fleurville (Les Petites Filles Modèles, Les Malheurs de Sophie, Les Vacances). Publié en 1859 dans la Bibliothèque Rose il est illustré de 48 vignettes par Horace Castelli et dédicacé à Elisabeth Fresneau, fille d'Armand et d'Henriette née de Ségur.

C'est un roman quasi autobiographique. Si nous en doutions, la Comtesse de Ségur lève le doute dès les premières lignes du chapitre XII (le thé) : " C'était le 19 juillet, jour de la naissance de Sophie ". Le 19 juillet c'est l'anniversaire de Sophie de Réan, mais c'est aussi l'anniversaire de Sophie Rostopchine selon le calendrier grégorien.

En nous confiant cette date la Comtesse de Ségur affirme le caractère autobiographique du récit. Pourquoi ne le fait-elle pas au début du livre ? Peut-être pour que cette révélation se place à mi-chemin dans un ouvrage qui compte vingt-deux chapitres : le douzième est donc exactement au centre et après avoir souri aux mésaventures de l'enfant de Réan, nous sommes prêts à pleurer aux malheurs de l'enfant Rostopchine.

Quant au chapitre 1° , il commence par ces cris : " Ma bonne ! Ma bonne ! " Serait-ce auprès de sa bonne (nous dirions aujourd'hui "sa nurse")que Sophie Rostopchine trouvait sa consolation ? En racontant les malheurs de Sophie de Réan, ce sont ses propres malheurs que l'auteur expose, revit, exorcise, faisant ici une espèce d'auto-analyse bien avant Freud.

Sophie de Réan vue par un élève de l'Ecole Comtesse de Ségur

 

Dans Les Malheurs de Sophie c'est la bonne Madame de Réan qui est encore là, mais nous savons par Les Petites Filles Modèles que Madame de Réan va périr en mer et être remplacée auprès de Sophie par une marâtre, la grosse et ridicule, mais aussi méchante, Mme Fichini. Celle-ci est la mauvaise mère, la méchante reine ou la méchante fée des Nouveaux Contes de Fées. Chaque chapitre ou presque, annonce une nouvelle sottise qui aboutira à un malheur : la poupée de cire, la chaux, les petits poissons, le poulet noir, l'abeille, les cheveux mouillés, les sourcils coupés, le pain des chevaux, etc.. Tous ceux qui aiment la Comtesse de Ségur se souviennent de ces chapitres, soit qu'ils les aient lus, soit qu'on leur ait lu le livre dans leur plus tendre enfance.

En fait, ici comme dans d'autres œuvres de la littérature, la lecture peut se faire à deux niveaux : un premier niveau qui conte les mésaventures, les malheurs d'une petite fille, un deuxième niveau où la Comtesse de Ségur fait un retour sur son enfance. Un retour sur la petite Sophie Rostopchine grandissant auprès d'un père tendre mais très absent - Mme de Fleurville, sorte de synthèse entre la Comtesse de Ségur et sa fille Nathalie, est veuve et M. De Rosbourg est donné comme naufragé - et d'une mère trop sévère. Un retour aussi, en décrivant la vie heureuse dans cette propriété de Fleurville, vers le château de Voronovo, dont on peut dire que la petite Sophie Rostopchine avait été chassée par l'histoire et dont la Comtesse de Ségur gardera toujours la nostalgie. Malgré sa mère, Voronovo restera un paradis dans la mémoire de la Comtesse de Ségur, un paradis qu'elle essaie de recréer aux Nouettes et bien sûr à Fleurville.
L'expérience de lecture devant des groupes d'enfants (Ecole Primaire) semblerait montrer que Les Malheurs de Sophie plaisent davantage aux petites filles qu'aux petits garçons - ce qui est bien naturel. Les garçons de plus de 7 ans sont particulièrement agacés par Sophie, semble-t-il!
Disons, pour les bibliophiles, que si toutes les premières éditions des oeuvres de la Comtesse sont fort recherchées, Les Malheurs comptent parmi les plus rares, avec une cote atteignant facilement 3050 euros et davantage.

 

Sophie dévore la crème (Illustration de Horace Castelli. Bibliothèque Rose. Hachette)

Si Lewis Carroll était passé par là, on verrait sans doute un peu de folie anglo-saxonne: Sophie-Alice se rétrécirait ou s'agrandirait démesurément avant de disparaître entièrement dans le pot de crème!

 

 

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TESTEZ VOS CONNAISSANCES SUR Les Malheurs de Sophie

Les Malheurs de Sophie ont été traduits en anglais sous le titre " The Misfortunes of Sophy " par Honor et Edgar Skinner, illustré par Marie-Madeleine Franc-Nohain - d'après l'édition française publiée chez Alfred Mame et Fils - Williams and Norgate Ltd, Londres, 1937)


Une œuvre musicale de Chantal Auber a pour titre "Les Bonheurs de Sophie". Un menuet tiré de cette œuvre est intitulé "Cousin Paul"!