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La Comtesse de Segur

PERSONNAGES ET THEMES

 

II y a plus de mille personnages dans cette comédie humaine de la Comtesse - ils ont tous été analysés en détail par Claudine Beaussant (voir bibliographie), certains restés obscurs, d'autres vivement implantés dans notre mémoire. Qui ne connaît Dourakine, Mme Papowski, Camille et Madeleine de Fleurville, Charles McLance et Mme MacMiche du Bon Petit Diable, Sophie des Malheurs... Moutier, le bon zouave, Gribouille, Pauvre Blaise, et tant d'autres… des parvenus, des méchants, des enfants en quantité, des animaux, et même…la nourriture qui joue un rôle non négligeable ! Et les illustrateurs nous ont aidé à imaginer l'aspect des personnages.

De part sa naissance, son milieu, son éducation, Sophie appartient à la haute aristocratie, russe d'abord, puis française.

Haute aristocratie en effet : son parrain est le Tsar Paul 1°. La famille Rostopchine est noble et ancienne : la tradition la fait remonter à Gengis Khan. Sa mère, née Protassov, a été élevée à la cour de Russie, par sa tante paternelle, Anna Protassov, amie intime de l'impératrice Catherine II.

Son père est immensément riche. Au château de Voronovo, une armée de 800 domestiques (sic) veille à l'entretien des lieux et au service des maîtres et de ceux qui demeurent sous leur toit, précepteurs, ecclésiastiques, parents pauvres, amis dans la gêne; en plus une foule de paysans s'occupent du domaine, fermes, bois, etc.… Le domaine est si vaste (60.000 hectares) que Sophie enfant fut même poursuivie par un ours en se promenant dans le parc ! Elle s'est visiblement inspirée de Voronovo pour décrire le domaine de Dourakine à Gromiline (" vingt mille hectares de bois, dix mille de terre à labour, vingt mille de prairie… quatre mille paysans, deux cents chevaux, trois cents vaches, vingt mille moutons et une foule d'autres bêtes. Oui, c'est bien. "), comme elle s'est inspirée de son père pour décrire le richissime et passionné Dourakine (" rien ne me fatigue comme de contenir mes sensations "). Et pourtant ce n'est pas la richesse qui impressionne Sophie. Comme elle le dit par la bouche de Paul dans Les Vacances : " Quand on a de quoi manger, de quoi s'habiller, se chauffer et vivre agréablement, de quoi donner à tous les pauvres des environs, à quoi sert donc le reste ? On ne peut pas dîner plus d'une fois, monter plus d'un cheval, brûler plus de bois que n'en peuvent tenir les cheminées. " Et dans Un Bon Petit Diable, Charles s'adressant à Juliette déclare : " Si j'ai une redingote, je n'ai pas besoin d'en avoir une seconde ! Si j'ai une salle et une chambre, je n'ai pas besoin d'en avoir davantage. Si j'ai un dîner à ma faim, je n'ai pas besoin d'avoir dix autres plats pour me faire mourir d'indigestion. Et ainsi de tout " (chapitre XVII).

Les Ségur appartiennent eux aussi à la haute aristocratie, d'une lignée plus ancienne que les Rostopchine. Philippe fut Maréchal de France et ministre de la guerre sous Louis XVI, Louis-Philippe son fils, compagnon de La Fayette et ambassadeur en Russie sous Catherine II, son fils le Général Philippe de Ségur fut aide de camp de Napoléon 1° etc.

Ils sont beaucoup moins fortunés que les Rostopchine et la perte de la dot, le banquier ayant fait faillite est un grand coup, même si Philippe écrit à Sophie : " Nous avons perdu la dot, mais nous gardons le trésor ".

Les descendants de Sophie vivront bien sûr dans ce cercle de haute aristocratie : Gaston sera prélat, auditeur de la Rote et intermédiaire entre Napoléon III et le pape ; Nathalie sera, nous l'avons dit, dame d'honneur de l'impératrice Eugènie, et son mari, Paul de Malaret, est diplomate et ambassadeur de France. Pour le baptême du prince impérial c'est Nathalie qui porte le saint Chrême.

Anatole est un écrivain réputé, son fils Pierre, également écrivain, entrera à l'Académie Française, etc.

Autour, et en dessous de ces hautes sphères circule toute une population de rang inférieur. Sophie ne les méprise pas, mais ne confond pas son milieu avec le sien. Elle a seulement horreur des parvenus, des faux aristocrates : est-ce en pensant à sa chère petite Camille de Malaret et à son mari, le faux "marquis de Belot " de son vrai nom Paul Ladureau qui la fit tant souffrir, qu'elle décrira les Castelsot dans Diloy publié en 1867-68, l'année où Camille rencontre Paul "de Belot " ?

Parmi les principaux types humains retenons en particulier:

 

ARISTOCRATES

BOURGEOIS

PAYSANS

DOMESTIQUES

MILITAIRES

ETRANGERS

ENFANTS

 

 

et nous n'oublierons pas:

 

ANIMAUX

NOURRITURE

ILLUSTRATEURS

LA SANTE LA MALADIE ET LA MORT