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CHAPITRE 3 : MARGUERITE

 

MADELEINE. - Prends tout ce que tu voudras, ma chère Marguerite. Amuse-toi avec nos joujoux.

MARGUERITE. - Oh ! les belles poupées ! En voilà une aussi grande que moi.... Oh ! le beau petit chien ! on dirait qu'il est vivant. Et le joli petit âne... Oh ! les belles petites assiettes ! des tasses, des cuillers, des fourchettes ! et des couteaux aussi ! Et cette petite commode pleine de robes... Comme c'est bien rangé !... tes jolis petits livres ! Quelle quantité d'images ! il y en a plein l'armoire !

Camille et Madeleine riaient de voir Marguerite courir d'un jouet à l'autre, ne sachant lequel prendre, en poser un, puis le reprendre. Enfin, elle prit la petite diligence attelée de quatre chevaux, et elle demanda à Camille et à Madeleine de sortir avec elle pour mener la voiture dans le jardin.

Elles se mirent toutes trois à courir dans les allées et sur l'herbe ; après quelques tours, la diligence versa.

- Ah ! mon Dieu, s'écria Marguerite, j'ai cassé votre voiture, Camille.

CAMILLE. - Ne pleure pas, ma petite Marguerite, ce ne sera rien. Nous allons ouvrir la portière et rasseoir les voyageurs à leurs places.

MARGUERITE. - Mais si les voyageurs ont mal à la tête, comme maman ?

MADELEINE. - Non, non, ils se portent à merveille.

MARGUERITE. - Tant mieux ! J'avais peur de vous faire de la peine.

Marguerite continua à traîner la diligence mais avec précaution.

 

CHAPITRE 4 : REUNION SANS SEPARATION

 

Pendant que les enfants jouaient, le médecin était venu voir Mme de Rosbourg : il ne trouva pas la blessure dangereuse.

Marguerite venait voir sa mère plusieurs fois par jour ; mais elle ne restait pas longtemps dans la chambre pour ne pas la fatiguer.

Mme de Rosbourg, convalescente, regrettait de quitter Mme de Fleurville.

- Et pourquoi donc me quitteriez-vous, chère amie ? dit un jour Mme de Fleurville. Pourquoi ne vivrions-nous pas ensemble ? Votre petite Marguerite est parfaitement heureuse avec Camille et Madeleine ; je serai enchantée si vous me promettez de ne pas me quitter. Je vis dans un grand isolement depuis la mort de mon mari. Vous n'avez plus de mari non plus, puisque vous n'avez reçu aucune nouvelle du vôtre depuis le naufrage du vaisseau sur lequel il s'était embarqué.

MADAME DE ROSBOURG : Hélas ! oui. Eh bien, puisque vous me pressez si amicalement de rester ici, j'y consens volontiers.

MADAME DE FLEURVILLE : Ainsi donc, chère amie, c'est une chose décidée ?

MADAME DE ROSBOURG : Oui, puisque vous le voulez bien ; nous demeurerons ensemble.

MADAME DE FLEURVILLE : Que vous êtes bonne d'avoir cédé si promptement à mes désirs, chère amie ! Je vais porter cette heureuse nouvelle à mes filles ; elles en seront enchantées.

Mme de Fleurville entra dans la chambre où Camille et Madeleine prenaient leurs leçons bien attentivement, pendant que Marguerite s'amusait avec les poupées.

MADAME DE FLEURVILLE : Mes petites filles, je viens vous annoncer une nouvelle qui vous fera grand plaisir. Mme de Rosbourg et Marguerite ne nous quitteront pas, comme nous le craignions.

CAMILLE : Comment ! maman, elles resteront toujours avec nous ?

MADAME DE FLEURVILLE : Oui, toujours, ma fille.

- Oh, quel bonheur ! dirent les trois enfants à la fois.

Marguerite courut embrasser Mme de Fleurville, qui, après lui avoir rendu ses caresses, dit à Camille et Madeleine :

- Mes chères enfants, si vous voulez me rendre toujours heureuse comme vous l'avez fait jusqu'ici, il faut redoubler encore d'application au travail. Pour rendre Marguerite bonne et sage, il faut lui donner toujours de bons conseils et surtout de bons exemples.

CAMILLE : Oh ! ma chère maman, soyez tranquille ; nous élèverons Marguerite aussi bien que vous nous élevez. Je lui apprendrai à lire, à écrire ; et Madeleine lui apprendra à travailler, à tout ranger, à tout mettre en ordre ; n'est-ce pas, Madeleine ?

MADELEINE : Oui, certainement.

- Je serai toujours bien sage, reprit Marguerite en les embrassant.

CAMILLE : Eh bien, ma petite Marguerite, puisque tu veux être bien sage, fais-moi l'amitié d'aller te promener pendant une heure. Si tu restes toujours assise, tu perdras tes couleurs.

MARGUERITE : Oh ! Camille, je t'en prie, laisse-moi avec toi !

Camille allait céder, mais Madeleine pressentit la faiblesse de sa sœur :

- Ma chère Marguerite, Camille t'a dit d'aller te promener, tu demandes toujours à rester encore un instant. Camille a la bonté de t'écouter ; mais cette fois, nous voulons que tu sortes.

Marguerite regarda Camille d'un air suppliant ; mais Camille n'osa pas lever les yeux, de crainte de se laisser attendrir. Marguerite sortit lentement et descendit dans le jardin.

Mme de Fleurville avait écouté, sans mot dire, cette petite scène ; elle s'approcha de Madeleine et l'embrassa tendrement. " Bien ! Madeleine, lui dit-elle. Et toi, Camille, courage ; fais comme ta sœur. " Puis elle sortit.

Lire Chapitre 5 : Les fleurs cueillies et remplacées