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La Comtesse de Segur

 

 

 

 

 

 

A travers toute son oeuvre on voit la préoccupation de la Comtesse de Ségur avec la santé. La Santé des Enfants, publié en 1855 à compte d'auteur, puis repris chez Hachette en 1857 n'est pas, comme le dit la Comtesse de Ségur elle-même, un livre de médecine : " Je n'ai pas la présomption de vouloir faire un livre de médecine… " Elle veut faire profiter ses lecteurs - et surtout ses lectrices - de son expérience de mère de huit enfants, et aussi de grand'mère. A l'époque un enfant sur trois mourait avant l'âge de cinq ans comme elle avait elle-même perdu son deuxième né Renaud et elle veut peut-être aussi mettre les mères en garde, Ce livre est donc une collection de recettes qui s'appliquent à l'alimentation, le vêtement, les soins en cas de bobos ou de maux plus graves.

Elle recommande le " café de glands ", les soupes grasses, l'eau rougie, dès dix-huit mois.

Plus positif, elle recommande de proscrire les bonbons qui sont " détestables, surtout entre les repas ", de ne donner des pâtisseries que " par exception, c'est à dire une ou deux fois par mois ".

Elle défend " autant que possible les petites mangeailles ente les repas ". La Comtesse est-elle encore écoutée aujourd'hui ?

Pour le vêtement, allant à l'encontre de l'usage de l'époque elle conseille de ne pas serrer le nourrisson dans des langes, mais de lui laisser les jambes libres.

 

On retrouve dans ses autres œuvres cette préoccupation avec l'alimentation, avec des recommandations qui font sourire. Par exemple, qu'est-ce que le curé de Jean qui Grogne et Jean qui Rit donne à la fillette que la mère de Jean a trouvée à l'église pour la réconforter ? " Du pain, du raisiné " c'est bien mais elle boit " un verre de cidre " !

Dans Les Petites filles Modèles Mme de Rosbourg offre du vin à Marguerite (âgée de quatre ou cinq ans !) " pour faire passer ton déjeuner ". Et " tous les enfants demandèrent du vin et burent à la santé de leurs mamans ".De même, que donne-t-on au "pauvre petit garçon de trois ans" que l'on découvre dans un cimetière dans Les Mémoires d'un Âne ? : du poulet froids et du pain trempé dans du vin!

Pour le vêtement, allant à l'encontre de l'usage de l'époque elle conseille de ne pas serrer le nourrisson dans des langes, mais de lui laisser les jambes libres.

 

C'est dans les soins proprement dit que la Comtesse donne les conseils sinon les plus judicieux, du moins les plus intéressants.

Ainsi pour faire revenir un noyé, on le couvre de cendres chaudes. Pour guérir une entorse on prend du son, " un liquide que je n'ose nommer', et de la chandelle, on fait bien chauffer cet emplâtre avant de l'appliquer sur l'entorse.
Pour soigner une blessure: un onguent de limaçons! (Les Petites Filles Modèles).
Pour guérir les écorchures : pommade ce concombre (
Les Malheurs de Sophie, chapitre 14)

Elle voulait même indiquer un remède contre la rage, mais son éditeur a reculé devant l'indignation du corps médical. Elle le donne tout de même dans Les Petites Filles Modèles . Marguerite a été mordue par un chien enragé et Madame de Fleurville lui déclare : " Tous les jours, matin et soir, tu tremperas ta main dans de l'eau salée pendant un quart d'heure ; tous les jours tu mangeras deux fortes pincées de sel et une petite gousse d'ail. Dans huit jours ce sera fini. " Ah si Pasteur avait lu la Comtesse de Ségur ! (qui sait d'ailleurs s'il ne l'a pas fait !).

 

Dans presque toutes ses œuvres on voit cette préoccupation de la Comtesse. Et là elle ne s'adresse peut-être pas aux enfants eux-mêmes mais aux " lecteurs intermédiaires " qui tout en lisant les histoires aux enfants prenaient des leçons.

Dans Le Général Dourakine nous avons cette surprenante recette contre un refroidissement sur la poitrine : rien de tel qu'un bon cigare ! Dérigny déclare : " J'avais si chaud que j'aurais peut-être attrapé du mal si je ne m'étais réchauffé la poitrine en fumant ".

Jules de Trémilly dans Pauvre Blaise, est atteint de " fièvre cérébrale ", rien de tel pour le guérir que des " sinapismes aux pieds, aux chevilles et aux mollets ".

Contre une piqûre de serpent venimeux, l'alcali, ou sur une île déserte, comme dans Les Vacances sucer la plaie.

Dans François le Bossu, le pauvre Maurice qui à la suite d'une chute est complètement disloqué, vient de tomber dans le jardin chez M. de Nancé. "...aussitôt un flot de sang s'échappa de sa bouche: une veine s'était rompue dans sa poitrine..." On lui fait boire de "l'eau de Pagliari".

Voici ce que dit de cette eau le Larousse Médical Illustré du Dr Galtier-Boissière (Larousse, 1918)
[...Eau hémostatique de Pagliari. Faire bouillir, six heures, alun 2 gr, benjoin 1 gr, eau 20 gr]

 On peut imaginer, étant donné le temps nécessaire à sa préparation, que cette eau faisait partie de l'armoire à pharmacie de M. de Nancé, et donc des Nouettes!

Nos informateurs nous apprennent que cette eau est encore utilisée par le rabbinat, en applications locales en cas d'hémorragie à la suite d'une circoncision.

Voulez-vous lire les commentaires du Docteur Desse sur "La Comtesse de Ségur, guérisseuse" ?

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